Trois devis pour le même site. Le premier à 690 €, le deuxième à 3 200 €, le troisième à 11 000 €. Même nombre de pages, même demande, trois prestataires qui ont l'air sérieux. Et vous, au milieu, avec la question qu'on n'ose pas toujours poser à voix haute : lequel est en train de se moquer de moi ?
La réponse honnête est : sans doute aucun. Ces trois devis ne vendent pas la même chose, même s'ils portent le même nom. Le problème n'est pas le prix. C'est que personne ne vous a expliqué ce qu'il y a dedans.
C'est l'objet de cet article. Vous y trouverez les fourchettes réellement pratiquées en France en 2026, ce que chaque euro achète, les frais qui reviennent chaque année et qu'on oublie de vous annoncer, et une méthode simple pour comparer des devis qui ne se ressemblent pas. Nous sommes une agence, nous vendons des sites, et vous trouverez nos propres prix à la fin. Mais cet article est écrit pour vous aider à bien choisir, y compris si ce n'est pas nous.
Les prix d'un site internet en 2026
Commençons par les chiffres, puisque c'est pour eux que vous êtes là. Voici les fourchettes pratiquées en France pour un site vitrine, c'est-à-dire un site de quelques pages qui présente une activité et donne envie de vous contacter. Les montants sont hors taxes.
| Qui le fait | Prix de départ | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|
| Vous-même, sur Wix ou Squarespace | 0 €, puis 200 à 500 € par an | Un modèle, vos textes, et une trentaine d'heures de votre temps |
| Une offre en ligne à bas prix | 500 à 1 500 € | Un modèle rempli pour vous, souvent avec un abonnement |
| Un indépendant | 1 500 à 5 000 € | Un modèle adapté ou un design simple, et un seul interlocuteur |
| Une agence | 4 000 à 15 000 € | Un site dessiné pour vous, une stratégie, des textes travaillés |
| Une grande agence | 15 000 € et plus | Une équipe complète, des ateliers, plusieurs mois de projet |
Au-delà du site vitrine, les montants changent d'échelle. Une boutique en ligne commence autour de 5 000 € et dépasse vite 20 000 € dès qu'il faut la relier aux stocks, à la livraison et à la comptabilité. Un outil sur mesure, avec comptes clients et espace privé, se chiffre rarement sous 30 000 €.
Ces fourchettes sont larges, et c'est normal. Elles ne mesurent pas la taille du site. Elles mesurent le temps que quelqu'un va passer dessus, et c'est la seule clé qui permette de comprendre un devis.
Un site ne se paie pas à la page, il se paie en journées
Oubliez le nombre de pages. Deux sites de cinq pages peuvent demander deux jours ou vingt jours de travail, selon ce qu'on y met. Ce que vous achetez, c'est du temps : celui de quelqu'un qui réfléchit à ce que votre site doit dire, qui le dessine, qui le construit, puis qui vérifie qu'il fonctionne partout.
Or ce temps a un prix connu. En France, un indépendant facture en général entre 350 et 600 € la journée, une agence entre 600 et 1 200 €. Divisez n'importe quel devis par ce tarif, et vous obtenez le nombre de jours qu'on vous vend. Faisons l'exercice avec nos trois devis du début.
- 690 €, c'est à peu près une journée de travail. En une journée, personne ne dessine un site : on installe un modèle existant, on y colle vos textes et votre logo. Cela peut suffire, mais ce n'est pas un site pensé pour vous.
- 3 200 €, c'est cinq à huit jours. De quoi adapter sérieusement un modèle, soigner la version téléphone et poser les réglages de base pour Google. Un bon rapport qualité-prix pour beaucoup d'activités.
- 11 000 €, c'est une dizaine de jours d'agence. Le temps de comprendre votre activité, de dessiner un site qui n'existe nulle part ailleurs, d'écrire des textes qui font appeler, et de tout vérifier.
Aucun de ces trois prix n'est scandaleux. La bonne question n'est donc pas « lequel est le moins cher ? », mais « de combien de jours mon projet a-t-il vraiment besoin ? ». Et un devis qui ne permet pas de le deviner est un devis à faire préciser.
Un devis ne se compare pas en euros. Il se compare en jours, et en ce qu'on fait de ces jours.
Ce que vous payez, étape par étape
Voici où partent les journées d'un site vitrine de cinq pages fait sérieusement. C'est la répartition exacte de notre propre formule, 12 jours en tout : les proportions varient d'un prestataire à l'autre, mais l'ordre reste le même.
| Étape | Ce qui s'y passe | Temps |
|---|---|---|
| Le cadrage | Comprendre votre activité, vos clients, et ce que le site doit leur faire faire | Une demi-journée |
| Le design | Dessiner chaque page, sur ordinateur et sur téléphone, avant d'écrire une ligne de code | Trois jours et demi |
| Vos retours | Deux allers-retours pour ajuster ce qui ne vous ressemble pas encore | Une journée |
| La construction | Transformer les maquettes en un vrai site, rapide, qui s'adapte à tous les écrans | Quatre jours |
| Votre autonomie | Un espace pour modifier vous-même vos textes et vos photos | Une journée |
| Google et la loi | Les bases du référencement, les mentions légales, le bandeau des cookies | Une journée |
| Les vérifications | Tester sur plusieurs écrans, corriger, mettre en ligne | Une journée |
Une chose saute aux yeux : le design et la construction pèsent à eux seuls près des deux tiers du temps. C'est là que se joue la différence entre un site qui ressemble à tous les autres et un site qui vous ressemble.
Deux postes n'apparaissent pas dans ce tableau, et ce sont souvent eux qui font la différence.
Les textes
Un site, c'est d'abord ce qu'il dit. Si vous écrivez vous-même vos textes, le prix baisse, mais comptez plusieurs jours de votre temps, et soyez honnête sur le résultat. Confier la rédaction à un professionnel coûte en général entre 150 et 500 € la page, selon la profondeur du travail. C'est souvent l'argent le mieux placé du projet : ce sont les mots qui font appeler, pas les couleurs.
Les photos
Les photos de banque d'images se reconnaissent au premier coup d'œil, et elles disent au visiteur que vous n'avez rien à montrer. Une demi-journée avec un photographe professionnel coûte en général entre 400 et 900 €, et vous laisse des images que vous utiliserez partout, sur votre site, votre fiche Google et vos réseaux, pendant des années.
Ce qu'un site coûte chaque année
Un site ne s'achète pas une fois pour toutes. C'est un peu comme une voiture : il y a le prix d'achat, et il y a ce qu'il en coûte de la faire rouler. C'est la partie des devis qu'on vous présente le moins, et celle qui réserve les mauvaises surprises.
| Poste | Prix courant | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Le nom de domaine | 10 à 20 € par an | Votre adresse sur internet. Elle doit être à votre nom. |
| L'hébergement | 50 à 300 € par an | L'ordinateur, allumé jour et nuit, qui sert votre site aux visiteurs |
| L'entretien | 300 à 1 200 € par an | Les mises à jour de sécurité, les sauvegardes, les petites réparations |
| Les licences | 0 à 300 € par an | Certains thèmes, extensions ou polices se paient chaque année |
Au total, un site vitrine bien tenu coûte de moins de 100 € par an, si vous vous occupez de tout, à plus de 1 000 €, si vous confiez tout à quelqu'un.
Ne faites pas l'économie de l'entretien. Un site qu'on ne met plus à jour ne s'arrête pas du jour au lendemain, il se dégrade en silence : une extension devenue incompatible, un formulaire de contact qui n'envoie plus rien depuis trois mois, une faille qui transforme votre site en relais de courriers indésirables. Le jour où vous vous en apercevez, la réparation coûte bien plus cher que l'entretien qu'elle aurait évité.
Le piège du site en location
Certaines offres affichent un site sans frais de départ, pour quelques dizaines d'euros par mois. Lisez la durée d'engagement : elle court souvent sur deux à quatre ans, ce qui peut dépasser 2 000 € au total, et le site ne vous appartient toujours pas. Le jour où vous arrêtez de payer, il s'éteint, et avec lui la place qu'il avait gagnée sur Google.
Ce qui fait monter le prix, et ce qui le fait baisser
Si votre budget est serré, sachez où sont les leviers. Certains font grimper la note sans que vous l'ayez vu venir. D'autres la font baisser sans rien retirer d'important.
Ce qui fait monter la note
- Le nombre de modèles de page, plus que le nombre de pages. Dix fiches produits construites sur le même modèle coûtent à peine plus qu'une. Dix pages toutes différentes coûtent dix fois plus.
- Les fonctions sur mesure. Réservation en ligne, espace client, calculateur de devis, liaison avec votre logiciel de facturation. Chacune se chiffre à part, souvent en jours.
- Une deuxième langue. Ce n'est pas qu'une traduction : chaque page existe deux fois, et doit être tenue à jour deux fois.
- Les idées qui arrivent en cours de route. Une demande ajoutée après la validation des maquettes coûte bien plus cher que la même demande faite au premier rendez-vous. Dites tout au début, même ce qui vous paraît secondaire.
- Une date couperet. Un site à livrer en trois semaines oblige le prestataire à tout arrêter pour vous, et cela se paie.
Ce qui la fait baisser, sans rien sacrifier
- Des textes et des photos prêts le jour du démarrage. C'est la première cause de retard des projets, donc de surcoût.
- Un lancement en deux temps. Mettez en ligne l'essentiel d'abord, ajoutez le reste quand le site a commencé à travailler pour vous.
- Un seul décideur. Quand trois associés valident chaque page séparément, les allers-retours se multiplient, et chacun a un prix.
- Un calendrier souple. Un projet qui peut se glisser dans les creux d'un planning coûte réellement moins cher à produire. Demandez-le : certains prestataires l'écrivent au devis.
Comment lire un devis, en cinq questions
Un bon devis ne se résume pas à un total. Avant de signer, posez ces cinq questions, et si la réponse n'est pas écrite noir sur blanc, demandez qu'elle le soit.
- À qui appartiendront le site et le nom de domaine ? La réponse doit être : à vous. Le nom de domaine doit être enregistré à votre nom, pas à celui du prestataire, et vous devez pouvoir emporter votre site si vous changez de partenaire. C'est la question qui évite les séparations les plus douloureuses.
- Combien de retours sont prévus, et à quelles étapes ? Des retours illimités, cela sonne bien, mais cela finit souvent en projet sans fin. Un nombre précis d'allers-retours, à chaque étape, est plus honnête et plus efficace.
- Qu'est-ce qui n'est pas compris ? Textes, photos, traduction, mentions légales, hébergement : tout ce qui n'est pas listé sera facturé en plus, ou ne sera pas fait.
- Que se passe-t-il après la mise en ligne ? Qui corrige un problème le mois suivant ? Pouvez-vous modifier vos textes vous-même ? Combien coûte l'entretien ?
- Quelle est la date de livraison, et que se passe-t-il en cas de retard ? Une date écrite engage. Une date promise à l'oral ne vaut rien.
Méfiez-vous enfin de deux signaux. Un devis sans aucun détail, qui tient en une ligne, « Création site internet : 2 500 € », ne vous permet ni de comparer ni de réclamer. Et un prix très bas assorti d'une grande promesse, « premier sur Google en un mois », annonce presque toujours une déception : personne ne peut garantir une place sur Google.
Ce que la loi impose, quel que soit le prix
Certains éléments ne sont pas des options, même sur le site le moins cher. Un prestataire sérieux les prévoit d'office. Un devis qui n'en dit rien devrait vous alerter.
- Les mentions légales. Tout site professionnel doit dire qui l'édite et qui l'héberge. C'est la loi pour la confiance dans l'économie numérique, et l'oubli n'est pas anodin : jusqu'à un an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour un dirigeant, jusqu'à 375 000 € pour une société.
- Le consentement aux cookies. Dès que votre site dépose des traceurs soumis à consentement, comme ceux d'un outil de mesure d'audience classique, d'une vidéo YouTube ou d'une carte intégrée, il doit demander l'accord du visiteur au préalable, selon les règles de la CNIL. Et refuser doit être aussi simple qu'accepter.
- L'accessibilité, pour certaines entreprises. Depuis le 28 juin 2025, une directive européenne impose que certains services en ligne, dont la vente en ligne, soient utilisables par les personnes en situation de handicap. Les microentreprises de services en sont dispensées, mais un site accessible se lit mieux pour tout le monde, y compris sur un téléphone en plein soleil.
Et chez nous, combien ça coûte ?
Nous avions promis nos chiffres, les voici. Nos prix sont publics, et ils suivent la logique de tout cet article : chaque formule correspond à un nombre de journées de travail, multiplié par un tarif journalier affiché de 650 € hors taxes.
- Une landing page, une page unique pour une offre ou un lancement : 4 jours, soit 2 600 € HT.
- Un site vitrine de cinq pages, dessiné sur mesure : 12 jours, soit 7 800 € HT.
- Un site d'entreprise, avec des dizaines de pages : sur devis, après un atelier de cadrage.
- L'hébergement et l'entretien, sans engagement : à partir de 49 € par mois, hors taxes.
Le site et son code vous appartiennent. Le détail complet, options comprises, figure sur notre page de tarifs. Et si, après lecture, un devis à 1 500 € correspond mieux à votre besoin, nous vous le dirons : pour beaucoup d'activités, c'est exactement ce qu'il faut.
Le bon prix, c'est celui qui vous rapporte
Il reste une dernière façon de regarder un devis, et c'est la plus importante. Un site n'est pas une dépense de décoration. C'est un outil qui doit vous amener des clients. La bonne question n'est donc pas seulement « combien ça coûte ? », mais « combien de clients faut-il pour qu'il soit remboursé ? ».
Si un nouveau client vous laisse en moyenne 800 € de marge, un site à 4 000 € est remboursé au cinquième client qu'il vous amène. S'il vous en amène un par mois, il est rentable en cinq mois. À l'inverse, un site à 600 € qui ne vous amène personne est le plus cher de tous : vous l'avez payé, et il ne travaille pas.
Choisissez donc le prestataire qui vous parle de vos clients avant de vous parler de pages. Celui qui vous demande ce que vous vendez, à qui, et ce que le site doit leur faire faire. Le prix juste est celui du travail nécessaire pour atteindre cet objectif, ni plus, ni moins. Un bon prestataire saura vous l'expliquer en jours, pas en promesses.


